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Neurdein

Les frères Neurdein, ces princes de l’édition de cartes postales au tournant du XIXe siècle, ont eu la lumineuse idée de publier vers 1905, un catalogue de leur exceptionnelle production. Le titre de cet ouvrage est à la hauteur de la qualité extraordinaire du travail de ces grands photographes et éditeurs : « CATALOGUE DES COLLECTIONS ET SUJETS DIVERS EDITES DANS LE FORMAT CARTE POSTALE PAR NEURDEIN FRERES, PHOTOGRAPHES, EDITEURS, IMPRIMEURS, 52 AVENUE DE BRETEUIL, PARIS 7èME, MARQUE N.D.PHOT, GRAND PRIX DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS 1900″

Des éléments de biographie

Etienne Neurdein (1832-1918) et son frère Antonin (1845-1914) sont les fils de Jean Adolphe César Neurdein (dit Charlet) lui-même photographe, qui après avoir été acteur, architecte, et chercheur d’or avait créé un atelier de photographies « Charlet & Jacotin ». Étienne suivit les traces de son père et créa un atelier de photographie en 1863 à Paris avec son ami Paris (successivement rue des Filles du Calvaire, rue des Filles Saint-Thomas, boulevard de Sébastopol, puis avenue de Breteuil). Il s’associa avec son frère Antonin . Chacun a son rôle : Etienne s’occupe de l’administration de l’atelier et réalise des portraits. Louis-Antonin effectue des voyages d’où il rapporte des vues d’édifices et de paysages.A partir de 1868, la maison Neurdein diffuse des vues de France, d’Algérie, de Belgique. Ils se lancent très tôt vers le milieu des années 1890 dans la production de cartes postales, sous les marques ND et X, optant dès le départ pour une édition de très haute qualité de photographies exceptionnelles. En 1884, Louis-Antonin devient membre de la Société française de Photographie, et membre de la Chambre syndicale de la photographie en 1886- Etienne en 1902. En 1886 et en 1888, les frères Neurdein obtiennent une médaille d’or à l’Exposition internationale de la Société des Sciences et des Arts industriels. Récompense renouvelée à l’Exposition universelle de 1889 pour des vues réalisées avec l’appareil panoramique de Moëssard. En 1900, ils obtiennent encore un Grand Prix. PubReconnus pour leur habileté à reproduire les châteaux, églises et sites historiques, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-arts leur accorde le droit exclusif d’exploiter la collection du service des Monuments historiques de 1898 jusqu’au début des hostilités. Les Archives photographiques (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) conservent un millier de plaques de verre réalisées par les deux frères. Leur affaire de cartes postales a très bien marché jusqu’en 1904 et faisait de très gros bénéfices. Etienne Neurdein fit construire un immeuble, 26 avenue Duquesne à Paris. Etienne Neurdein était très dépensier, il avait donné 40 000 francs or en dot à chacune de ses filles. Il dépensait beaucoup et vivait largement. A partir de 1904, l’entreprise des Neurdein, mal gérée, a commencé à péricliter. L’affaire a été confiée par Emile Armand, gendre d’Antonin, à des amis de la famille, les Estèves, puis elle a été vendue à M. Crété qui l’a revendu peu après aux frères Lévy.

Levy Neurdein

Etienne Neurdein était ruiné, il a du vendre son immeuble à Paris car il devait 70 000 francs à la société. Étienne Neurdein est décédé en février 1918 d’une pneumonie. On estime la production totale des deux frères à environ 60.000 cartes postales, soit 5 fois celle de la maison Lévy qui rachètera la société (Gérard Neudin, Argus Interntational des cartes postales). Le fond Neurdein est aujourd’hui exploité par l’agence Roger Viollet (sources : arrière arrière arrière petite fille d’Etienne Neurdein et le ministère de la culture). La production des deux frères sur Arcachon est signée ND Phot ou Collections ND Phot. Le sigle ND seul n’apparaît que très tardivement, de même que le logo.

ND PhotND PhotSignature tardiveLogo

De très nombreuses cartes postales dans leurs différentes éditions sont visibles sur ce site

Cartoliste des frères Neurdein mise à jour Lire la suitele 26 décembre 2011

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Faure

Victor Faure a exercé au 10 rue du Casino, de 1893 à 1910 sous l’enseigne « Photographie du Casino ». Photographe remarquable et éditeur méticuleux il a produit quelque 200 cartes, en majorité dans la période avant 1904, c’est à dire qu’elles ont le dos non divisé. On ne lui connait pas de cartes publiées après 1908, date de l’autorisation dans tous les pays de l’Union Postale Universelle d’écrire au recto des cartes.

Faure aimait manifestement les bateaux pour en avoir fait des photos si belles; Arcachon était alors le port d’attache de voiliers somptueux qui se disputaient chaque jour dans de féroces régates; les photos qu’en a faites Faure sont parmi les plus belles que je connaisse.

Il sait aussi prendre en photo les magnifiques villas de la ville d’hiver ou du front de mer, les parqueurs, les enfants au Guignol du Parc Mauresque, les livreurs de gâteaux… Le charme des cartes postales « au nuage » de cette époque là est encore accentué chez lui par le parti pris du « virage » de la photo: au lieu d’imprimer ses cartes en noir et blanc, il leur donne souvent une très belle couleur bleu-gris .

Cet éditeur qui compte parmi les meilleurs de ceux qui ont travaillé sur Arcachon et sa région a cependant quelques défauts, heureusement mineurs : il n’a aucune imagination pour les légendes et se contentent souvent d’un lapidaire « En régates » pour plusieurs cartes différentes de bateaux effectivement en course, sans les numéroter…; d’ailleurs, il numérote ou pas ses cartes; sa signature varie; il y en a au moins trois types:

Les signatures de Faure

Voici trois très belles cartes de Faure (cliquez pour les agrandir):

Vent arrière

Les régates

Villa Durandal

Cartoliste de Victor Faure mise à jour le 23 aout 2011

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Mlle J.L.

Mlle J. L. fait partie de ces artistes au talent si évident qu’une carte signée de son nom se repère immédiatement.

La composition et le cadrage de ses photos sont le plus souvent des chefs d’œuvre de sérénité et d’harmonie. Ses photos sont parfois naïves ce qui les rend encore plus touchantes. Elle sait choisir avec soin ses sujets, les mettre en valeur, les animer, plaçant un badaud contemplatif devant une villa de la ville d’hiver par exemple.

La quasi totalité de sa production date d’avant 1904 et présente donc un dos non divisé. Ses « nuages », comme on désigne la photo sur le recto de la carte en ces temps où il fallait aussi laisser un peu de place pour le scripteur, sont classiques, mais ils peuvent être aussi ronds, ou « grands », occupant la quasi totalité de l’espace. Elle publiera aussi quelques cartes pleine page, en général moins belles.

Elle parait avoir été active entre 1900 et 1910. « Elle » ? C’est Jeanne Lebour. Un pseudo pour Jean Reboul, Lebour étant l’exact anagramme de Reboul ? Dans le guide annuaire de 1903, J. Reboul, marchand de chaussures est domicilié au 262 boulevard de la Plage . Mlle J. Lebour est domiciliée au 233 boulevard de la Plage sous la rubrique fournitures photographiques. S’agit-il d’une seule et même personne ? Marchand de fournitures photographiques, et par extension de cartes postales, au 233 sous le nom de Mlle J. Lebour et marchand de chaussures au 262 sous celui de Mr J. Reboul ?

En matière de signatures, Mlle J.L. fit preuve de la plus grande fantaisie et utilisera plusieurs modèles; elle est en général imprimée verticalement sur le coté gauche de la carte. En voici quelques exemples :

Signature Mlle J.L.

Voici une très jolie carte des bords du Bassin à la Chapelle:

La Croix au bord du bassin

Cartoliste de Mlle J.L. mise à jour le 13 novembre 2013

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